L'orientation, c'est "prise de tête"
- alicelibat
- 27 juin 2022
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 15 janv. 2023
A 5 ans, facile, nos petits savent ce qu’ils veulent faire : pompier ou maitresse. Mais à 15 ou 17 ans, ce n’est plus du tout la même histoire, nos ados sont dans le flou total. Et c’est tout à fait normal !
Pour ajouter un peu de piment à la chose, lorsque vous abordez le sujet de l’orientation avec votre ado, il est assez souvent peu réceptif voire même complètement braqué. Cela ne signifie pas qu’il se contrefiche de ce qu’il fera plus tard, c’est juste qu’il NE SAIT PAS.
Se pencher sur son orientation signifie se poser des questions, chercher des réponses et faire des choix. C’est une démarche qui n’est pas évidente, qui prend du temps, plonge dans l’inconnu, peut être stressante et se fait pour beaucoup sous la pression. Un programme fort réjouissant, qui fait que pour nombre de jeunes la meilleure tactique consiste à éviter ou repousser le sujet à plus tard.

Pourquoi l’orientation c’est si compliqué ? Pour tout plein de bonnes raisons.
*une multitude de formations possibles, c’est une vraie jungle
*méconnaissance des métiers qui existent
*peur que leur choix les engage pour les 40 ans à venir
*peur de ne pas y arriver
*peur de décevoir les parents
*s’orienter ça veut dire choisir, et donc renoncer
*pression parentale et sociétale autour de ce choix
*…
On comprend mieux comment cette période peut être vécue comme une véritable « prise de tête » par les jeunes, et du même coup par leurs parents.
Le sujet de l’orientation des ados est devenu au fil des ans une préoccupation sociétale. A en croire les médias et réseaux sociaux, en tant que parent, on se doit d’aborder très tôt la problématique avec nos enfants. En tant que coach en orientation, je dirais OUI et NON.
Tout est question de timing, ni trop tôt ni trop tard, et surtout doit être adapté à la situation et problématique de chaque jeune.
Un adolescent qui a des difficultés scolaires au collège, pour diverses raisons, a tout intérêt à être accompagné dès le début de Troisième. De la sorte, une orientation vers la voie professionnelle, si telle est l’option retenue, deviendra une orientation choisie et non suivie par défaut, et donc subie.
Dans le cas où la question de la poursuite de scolarité vers une Seconde générale et technologique ne se pose pas, je défends le « laissez les vivre ! ». On travaille sur les acquisitions scolaires, et pour l’orientation on les laisse grandir, découvrir de nouveaux intérêts, affirmer leur personnalité, devenir plus curieux, gagner en maturité…
En Seconde, c’est inéluctable, il faut commencer à parler orientation. Première technologique ou Première générale ? Quelle série, quelles spés ? Des choix sont à faire, et il peut être tout à fait pertinent de se faire aider. Mais attention à ne pas s’engouffrer trop vivement dans la brèche et aller trop loin dans la démarche d’orientation. Cela peut devenir contre-productif. La plupart ne sont pas prêts à 15 ans à se projeter activement dans les études postbac et le font à contre-cœur. Résultat, quand il est vraiment temps de se pencher sur l’épineuse question « et après le bac je fais quoi ? », ils repoussent, repoussent jusqu’à ce que ça en devienne problématique.
Pour moi, le meilleur timing pour travailler sur son orientation postbac de façon efficace est dès le 3ième trimestre de Première. On a le temps de se poser les bonnes questions avant l’entrée en Terminale, sans pression. Le jeune pourra échanger avec ses proches, choisir de passer 2/3 jours pendant les vacances auprès d’un professionnel pour découvrir un métier spécifique, il saura à quoi s’intéresser dans un salon étudiant, il aura identifié à quelles Journées Portes Ouvertes se rendre… Le timing parfait !
Comment s’y prend-on ? Petits conseils à donner à votre ado :
*je fais le point sur mes années lycées
*je liste mes qualités et mes compétences
*je réfléchis à ce que j’aime faire, à mes centres d’intérêts
*je découvre des domaines métiers
*je regarde les formations et je creuse celles qui m’intéressent
*et je suis CURIEUX
En tant que parent, vous pouvez aider, baliser le chemin, indiquer des directions. Mais c’est vraiment à votre enfant de se mettre en route, de se mobiliser. Il est important qu’il s’approprie son orientation, qu’il soit acteur.
Le plus beau cadeau que vous puissiez lui faire, c’est lui apprendre à se faire confiance !

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